Journée d’études — Penser les/pensées des mouvements sociaux

Journée d’études de l’école doctorale Sciences sociales (ED401) organisée par les équipes d’accueil CEMTI & EXPERICE

À l’échelle internationale, la conflictualité sociale ne cesse de se développer. Les volontés pratiques de dépassement du capitalisme restent très actives et s’ajustent aux spécificités des formes actuelles d’impérialisme, et notamment à la nouvelle division internationale du travail. La mondialisation capitaliste fait évoluer les modes de domination de classe, les durcit, mais déclenche aussi un niveau de conflictualité sociale particulièrement important qui semble la plonger dans une instabilité structurelle.

Cette crise permanente (institutionnelle, idéologique, de légitimité, etc.) qui se fonde sur un niveau d’affrontement social important (grèves, manifestations, insurrections, émeutes, etc.) invite à renouveler les cadres d’analyse des mouvements sociaux, notamment au regard du fait que ces derniers développent eux-mêmes des « armes intellectuelles » à partir desquelles ils théorisent leurs pratiques et pensent leurs singularités.

Malgré leurs différences, les acteurs de la critique sociale doivent faire ensemble et travailler à des alliances pour relever le défi d’un processus politique constituant, travail qui se nourrit évidemment de productions théoriques que cette journée d’études souhaite mettre en lumière et questionner.

Appel à communication

L’objectif de cette journée d’études est de permettre la tenue de discussions autour de travaux de doctorants, docteurs et enseignants-chercheurs s’intéressant aux politiques du conflit. À l’échelle internationale, la conflictualité sociale ne cesse de se développer. Les syndicats et les mobilisations sociales, sur fond de contradiction capital/travail, se sont largement développés ; le mouvement altermondialiste a permis que se tissent des liens militants pérennes permettant une coordination plus aisée de certaines causes et luttes ; l’instabilité politique, les crises de régime et les dysfonctionnements institutionnels des pays émergents, autoritaires, mais aussi des démocraties occidentales va grandissante, etc. La liste des points de tension avec l’ordre social dominant est, ici, loin d’être complète, mais l’on peut globalement avancer que les volontés pratiques de dépassement du capitalisme restent très actives et s’ajustent aux spécificités plus nombreuses des formes d’impérialisme (régionaux, nationaux, continentaux, etc.) et notamment à la nouvelle division internationale du travail. Leur vitalité (printemps arabe, Occupy, Indignados, grèves ouvrières, mobilisations féministes, LGBTI, écologistes, de migrants, etc.) créée d’ailleurs un raffermissement des réponses du système qui vont de l’aménagement de révolutions passives d’aménagement du Welfare – où il existe encore –, et de libéralisation accrue des communs, à la mise en œuvre de contre-révolutions violentes, en passant par des formes plus classiques de répression et d’offensives réactionnaires (mise à mal des droits sociaux fondamentaux, montée du néoconservatisme, des extrêmes droites, du fondamentalisme, etc.). La mondialisation capitaliste fait évoluer les modes de domination de classe, les durcit, mais déclenche aussi un niveau de conflictualité sociale particulièrement important qui semble la plonger dans une instabilité structurelle.

Cette crise permanente (institutionnelle, idéologique, de légitimité, etc.) qui se fonde sur un niveau d’affrontement social (grèves, manifestations, insurrections, émeutes, etc.) qui pourrait devenir particulièrement élevé et épouser des formes beaucoup plus variées, invite à renouveler les cadres d’analyse des mouvements sociaux, notamment au regard du fait que ces derniers développent eux-mêmes des « armes intellectuelles » à partir desquelles ils théorisent leurs pratiques (politiques de l’identité, théorie du bloom, etc.) et pensent leurs singularités, non sans éviter parfois le narcissisme fractionniste des petites différences critiques. Malgré ces différences, les acteurs de la critique sociale doivent faire ensemble et travailler à des alliances pour relever le défi d’un processus politique constituant, travail qui se nourrit évidemment de productions théoriques que nous souhaiterions donc mettre en lumière et questionner.

Vendredi 24 février, de 9h à 12h30, puis de 14h à 17h30
Université Paris 8
Bâtiment B – Salle B106

Programme

  • 9H00 : Accueil
  • 9h15 : Introduction par Fabien GRANJON et Pascal NICOLAS-LE STRAT
  • 9h30 : Gülüm SENER ­– Le mouvement « Gezi Park » (Turquie)
  • 10h : Liz FERE –­ Les mouvements de revendications populaires (Brésil)
  • 10h30 : Stéfano DORIGO – « A sarà düra! » : une enquête sur le mouvement No Tav (Italie)
  • 11h :­ Clément DESHAYES ­– Des mouvements de contestation en contexte autoritaire. Les cas de Girifna et Sudan Change Now (Soudan)
  • 11H30 : Pause
  • 11h45 : Discussion animée par Pascal NICOLAS-LE STRAT
  • 12h30 : Déjeuner
  • 14h30 : Andréa SALIS –­ Le Mouvement des bergers sardes (Italie)
  • 15h : Laurent KAY –­ La mobilisation de Sivens : entre élargissement de la critique environnementale et mutations de l’ethos militant (France)
  • 15h30 : Alecia DUCOS, Lucie LOUBERE et Natacha SOUILLARD ­– Dire et Faire Nuit Debout : expérimentation d’une nouvelle forme d’organisation sociale et contestataire (France)
  • 16h : Ulrike RIBONI – « Riotporn ». L’émeute filmée et partagée
  • 16h30 : Pause
  • 16h45 : Discussion animée par­ Fabien GRANJON