Séminaire doctoral – Émancipation, éducation populaire et théâtres politiques – nov. 2021-fév. 2022 / Université Paris 8

____ 2021 ____

Il se trouve que j’ai entamé un recherche il y a maintenant une année sur la Maison du peuple de Saint-Claude qui m’a amené à me réintéresser à l’histoire de l’éducation populaire ouvrière pour constater notamment que le théâtre a toujours été un art vivant considéré comme de la première importance dans les processus d’émancipation. De l’éducation intégrale dans ses différentes formulation (celles de Fourier, Proudhon, Bakounine, Martinet, Robin et d’autres) au Scop d’éducation populaire politique qui ont notamment popularisé les conférences gesticulées, en passant par la démocratisation et la décentralisation culturelles, la démocratie culturelle du Parti communiste français ou encore les grandes mobilisations – notamment de 36 et 68 –, le théâtre a toujours fait partie du répertoire des espaces de liberté et des pratiques culturelles censés pouvoir établir de manière privilégié un lien entre les arts et le peuple et, par-là, réarmer les consciences et les imaginaires ; imaginaires qui comme le suggère Jean-Marc Lachaud, « maintien[nen]t en éveil le principe de plaisir en suggérant que l’accessibilité au bonheur n’est pas un rêve impossible. Face à la servitude imposée par le principe de réalité, la fonction critique de l’imagination consiste au moins à ce que les aspirations à la liberté et au bonheur ne soient pas oubliées » (Lachaud, 2015 : 130-131).

Il serait vain, ici, de passer en revue les forts nombreuses expériences et initiatives qui mettent en relation éducation populaire et pratiques théâtrales, mais il est évident que du Théâtre du peuple de Bussang, au théâtre-forum d’Augusto Boal, en passant par le « Théâtre par et pour le peuple » cher à Romain Rolland, par le théâtre d’agit-prop russe et allemand, par le théâtre documentaire de Piscator, par le théâtre épique de Brecht ou encore par les initiatives de la Fédération du théâtre ouvrier du PCF et de la CGTU, le théâtre a été pensé, vécu et mobilisé comme un vecteur politique pouvant servir à développer des dispositions critiques utiles à l’émancipation sociale et à la lutte contre les dominations. Évidence qui faisait André Benedetto que le théâtre populaire est un théâtre nécessairement «anti-conciliateur».

Ce séminaire a modestement pour objectif d’essayer, à partir de cas concrets issus de la recherche en sciences sociales et/ou la pratique artistique, de circonscrire quelques-uns des usages et des enjeux du théâtre populaire contemporain, mais aussi de comprendre son efficace pratique et sa portée effective en termes d’éducation critique, lesquelles se nichent à mi-chemin entre plaisirs sensibles et sens social, distances esthétiques et communs politiques, théâtralités politiques et politiques de la théâtralité. S’il s’agissait de le formuler avec les mots de Michel de Certeau, sans doute pourrait-on dire que nous chercherons à la fois à saisir la présence de la représentation théâtrale populaire tout en cherchant à analyser sa manipulation par les pratiquants qui en sont les fabricateurs-récepteurs.

25 novembre

Salle A2 204 – 15h-18h

Théâtre documentaire et nouveau cinéma en Allemagne

Alexander Neumann – professeur à l’Université Paris 8, chercheur au LLCP

Expériences théâtrales et récits de soi

Christian Verrier (et Collectif Atelier UP-MC93) – chercheur à Experice (Université Paris 8), Université populaire à la Maison de la culture de la Seine-Saint-Denis


02 décembre

Salle B-106 – 15h-18h

Boal crée le théâtre de l’opprimé au Brésil pendant la dictature, avec l’idée de faire du théâtre un outil de résistance à la junte et de faire de la représentation théâtrale le lieu possible d’une expression politique visant à faire partager un problème concret lié à des injustices, des oppressions, des stigmatisations et à chercher des solutions à ce dernier. L’objectif de ce théâtre foncièrement politique est donc de lutter contre les oppressions en leur donnant une visibilité, en les exposant, en les explicitant et en proposant des possibles alternatifs visant à agir concrètement sur la réalité. Il s’agit par là, soutient Boal, de « transformer le peuple, “spectateur”, être passif du phénomène théâtral, en sujet, en acteur capable d’agir sur l’action dramatique » ; mais cette transformation est aussi le ferment d’une autre conversion : transformer le peuple, “spectateur”, être passif du phénomène social-historique, en sujet, en acteur capable d’agir sur l’histoire et l’action sociale.

Aussi, pour Boal, le théâtre de l’opprimé est un théâtre qui doit être fait « par le peuple et pour le peuple », de la même manière que l’éducation populaire portée par le mouvement ouvrier se doit d’être, elle aussi, produite par le peuple à des fins propres. Aussi, comme le précise Sophie Coudray ( «La radicalité politique du théâtre de l’opprimé »), rapproche-t-on souvent Augusto Boal de Paulo Freire : « Outre un contexte historique déterminant pour l’élaboration de leur pratique et qu’ils ont en commun (le Brésil progressiste des Movimento de Cultura Popular, des Centros Populares do Cultura, mais aussi l’expérience de la répression et de l’exil forcé), ils ont [l’un et l’autre] cherché à renouveler leur pratique respective à travers l’élaboration d’une méthode, structurée autour d’une théorie traversée de part en part par une pensée politique radicale, dont la finalité est la lutte contre l’oppression et la révolution. Le point nodal qui pourrait guider une analyse des liens théoriques entre les deux pratiques devrait se concentrer, là encore, sur l’idée d’un transfert des moyens de production, en regardant comment cette idée traverse la pédagogie de l’opprimé de Freire, ce dernier s’appuyant sur le principe fondateur qu’‘‘enseigner n’est pas transférer la connaissance, mais créer les possibilités pour sa production ou sa construction’’. Ils s’agit dans les deux cas de permettre aux opprimés, qu’ils soient ‘‘spect-acteurs’’ ou ‘‘apprenants’’, de s’approprier ces outils pour les mettre au service de leurs luttes. Si Freire insiste bien sur la ‘‘qualité pédagogique, dialogique, de la révolution’’, cette dimension est également présente chez Boal pour qui il ne fait aucun doute que pour pouvoir transformer le monde il faut d’abord le connaître, avoir conscience des mécanismes qui régissent la société avec laquelle on veut en finir ». 

Dans le cadre du théâtre de l’opprimé, il s’agit donc «de partir du principe que c’est le peuple qui doit être à l’origine de ses propres représentations et pour cela qui doit être en mesure de produire lui-même un théâtre qui correspond à son point de vue et à ses aspirations et dont il peut faire usage dans ses luttes » (Coudray). Le théâtre de l’opprimé est donc une pratique relevant en premier lieu d’un processus qui vise à redonner de la puissance d’agir aux dominé.e.s, à distance des théâtres à la fois bourgeois et partisans. Il se présente comme un outil de lutte tout en étant une production artistique et revendique une poétique de l’opprimé de nature politique. Mais il est aussi une pratique située qui entend se démarquer de cadres idéologiques considérés comme trop fermés, par exemple ceux du théâtre d’agit-prop. Pour Boal, il faut faire du théâtre un lieu de la « répétition de la révolution » et pour cela s’appuyer sur une poïélitique radicale tournée vers la transformation sociale et l’émancipation.

Théâtre de l’opprimé, éducation populaire et intervention sociale

Pierre Lénel – enseignant au CNAM, chercheur au LISE & Jean-Paul Ramat de la Compagnie Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir (NAJE)

Cf. L’article de Pierre Lénel : «Théâtre de l’opprimé et intervention sociale ».


16 décembre

Salle B-106 – 15h-18h

Troisième séance du séminaire Émancipation, Éducation populaire et théâtres politiques, dédiée à l’idée de faire théâtre « par le bas » en milieu populaire. Pour aborder cette thématique-fil rouge qui traverse un peu tous les rendez-vous de ce séminaire, nous avons proposé à Eugène Durif et à la Compagnie rennaise Les Coriaces de venir nous éclairer, en autres choses, sur un projet qu’ils ont en commun et dans lequel ils sont présentement investis, qui consiste à monter, dans un quartier populaire de Rennes, une troupe de théâtre, qui est d’ailleurs peut-être autre chose qu’une troupe de théâtre – je veux dire par là qu’elle est peut-être aussi quelque chose d’autre qu’une troupe de théâtre – et de faire naître avec celle-ci, « par le bas », la pièce d’Eugène Durif, Pochade Millénariste, laquelle puise chez Jarry, Maïakovsky ou feu notre collègue Bernard Maris, mais reste surtout un texte durifien en diable.

Pochade Millénariste est à l’origine une commande de l’école du Théâtre national de Strasbourg qui a été écrite entre 1996 et 1998 et qui aurait dû être présentée dans sa version première au Festival d’Avignon de 1998 dans une mise en scène d’Éric Lacascade, mais qui a été déprogrammée au dernier moment, sans motif explicite. L’an passé une autre pièce d’Eugène Durif a été jouée dans la cité de papes et y a rencontré un franc succès, Mister Tambourine man, dans une mise en scène de Karelle Prugnaud, avec Nikolaus Hoz et Denis Lavant.

Eugène Durif est écrivain, poète, dramaturge (je ne sais pas très bien dans quel sens il faudrait le dire d’ailleurs), également « passeur de f(r)iction » puisqu’il anime divers ateliers dans les écoles de théâtre, mais aussi dans d’autres espaces, pour et avec d’autres publics. Il a publié de fort nombreux articles et ouvrages de et sur la littérature, la poésie et le théâtre. Il a adapté pour le théâtre James Joyce ou Henri James, a écrit pour le cinéma, pour la radio, pour l’opéra, pour le cirque, pour le jeune public et peut être surtout… pour le plaisir…. Ses pièces ont également été montées à de très nombreuses reprises partout en France et à l’étranger et traduites dans plusieurs langues. En 2005, Eugène Durif s’associe à Catherine Beau pour monter la Compagnie L’envers du décors, et va notamment, dans le cadre de ce collectif, collaborer étroitement avec Karelle Prugnaud, comédienne, metteure en scène et performeuse, autour de spectacles de théâtre, de cirque, de performances et de propositions hybrides au sein desquels il lui arrive aussi d’être comédien, comme parfois d’ailleurs au cinéma. L’œuvre d’Eugène Durif est foisonnante, critique, essentielle. Comme l’écrit Jean-Pierre Léonardini dans L’Humanité : « Le seul fait qu’existe Eugène Durif fout en l’air cette antienne stupide selon laquelle il n’y a pas d’auteurs, ou si peu, en France. Durif est l’un de nos plus sûrs poètes de scène et l’on voit cet homme doux, courtois, l’air un peu dans la lune, porter le fer de la pensée jusqu’à ses plus ultimes conséquences dans le ventre mou du désespoir contemporain ».

Cécile Kiffer et Romain Thomas ont monté en 2019 la Compagnie Les Coriaces, en plein mouvement des Gilets jaunes et c’est d’ailleurs dans ce cadre que nous nous sommes rencontrés pour la première fois, lors d’une manifestation, puis deux, puis trois… Cécile Kiffer est comédienne depuis l’adolescence : un bac théâtre, le cours Florent, l’école du Théâtre national de Bretagne dont elle réussit le concours, mais qu’elle va délaisser pour collaborer avec Isabelle Tanguy ; expérience séminale qui va l’amener sur les routes, sous chapiteau, à pratiquer et défendre un théâtre populaire qui va à la rencontre de tous les publics et à l’encontre du théâtre élitaire. Le désir de mise en scène va également rapidement pointer son nez et trouve donc à se réaliser, ces dernières années, en collaboration étroite avec Romain Thomas : relieur, musicien, technicien, comédien, artiste et bon camarade. « Ce qui nous unit, écrivent-ils, c’est l’envie d’un théâtre de foire ouvert à tous et fabriqué avec trois bouts de ficelle (de qualité !) et de l’imagination… Il faut avant tout : « Tenter, et puis ça prend ou pas… et retenter, quand ça a ne serait-ce qu’un peu pris, afin que des choses naissent à passer et repasser : le rythme d’un souffle de vie, du rire, des larmes, pour fabriquer des théâtres de chairs ». Une profession de foi finalement très beckettienne et qui résonne bien avec l’idée de pochade : « Jamais rien d’autre. D’essayé. De raté. N’importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux ».

Essayions donc ensemble de rater encore mieux. Pour prendre cap au pire du meilleur, s’aligner sur l’azimut de l’échange chemin faisant et faire comme le proposent Les Coriaces, « que des vies se croisent », les nôtres en l’espèce, nous aurions volontiers commencer par la fin, par ce que ces trois-là sont en train de fabriquer avec d’autres, c’est-à-dire monter Pochade millénaristeavec, par et pour des personnes qui, pour paraphraser un titre durifien, sont « au bord du théâtre » et peut-être aussi de la vie, un peu comme on peut se tenir au bord de l’eau, la peur au ventre mais avec une envie folle de plonger. 

Sauf que voilà… la vie en a décidé autrement, la séance a dû être annulée… On ratera mieux plus tard…

Un théâtre « par le bas » en milieu populaire : autour de Pochade millénariste

Eugène Durif – écrivain, dramaturge & Cécile Kiffer – comédienne, metteur.e en scène – Romain Thomas – comédien, technicien / Compagnie Les Coriaces


____ 2022 ____

17 février

Salle B-106 – 15h-18h

Merci de votre présence pour cette séance de reprise du séminaire Émancipation, éducation populaire et théâtres politiques, séance qui est dédiée aux amours dialectiques et peut-être aussi un peu électriques entre le théâtre et les sciences sociales. Qu’est-ce que la sociologie fait au théâtre, qu’est-ce que le théâtre fait à la sociologie ?

C’est de cette double interrogation dont il s’agira aujourd’hui et pour aborder ces liaisons dangereuses mais fructueuses nous avons invité Samir Hadj Belgacem et Vanessa Pedrotti qui vont nous faire bénéficier de leurs lumières et de leur expérience en ce domaine.

Permettez-moi de présenter succinctement nos deux invités :

-Samir Hadj Belgacem est actuellement maître de conférences, directeur du département de sociologie de l’Université Jean Monnet à Saint-Étienne et effectue ses recherches au sein du Centre Max Weber. Samir est spécialiste de la sociologie des quartiers populaires, des logiques de discrimination et plus particulièrement de la place des jeunes dans les cités.

Parmi ces différents terrains d’enquête, il a notamment été amené à s’intéresser à plusieurs reprises à la production théâtrale en milieu populaire, par exemple pour montrer qu’au cours des années 1970 le théâtre a constitué une activité jouant un rôle politique important dans le milieu des travailleurs immigrés, en marge des réseaux de l’éducation populaire et dumouvement ouvrier. Outre cet intérêt pour le théâtre de l’immigration dont certaines des expériences les plus marquantes ont été conduites non loin de Paris 8, Samir a également travaillé sur le théâtre des enfants d’immigrés qui contribue à faire exister la mémoire de l’immigration mais aussi à mettre en publicité la parole la plus actuelle de la jeunesse des cités dans une perspective émancipatrice. Il nous entretiendra notamment, aujourd’hui, de la création d’une pièce de théâtre par les usagers d’un centre social situé dans une cité du Blanc-Mesnil, initiative portée par le collectif de femmes Quelques-unes d’entre nouset accompagné par des professionnels du secteur social, artistique et militant se revendiquant de l’éducation populaire et du théâtre politique. 

Parmi ces initiatives d’un théâtre populaire politique à visée émancipatrice, certaines parmi les plus marquantes sont nées à Marseille, par exemple avec la naissance de la troupe des Flamants dans les quartiers nord de Marseille, suite à la mort de Lahouri Ben Mohammed, tué le 18 octobre 1980 par les forces de l’ordre, après un contrôle d’identité ; troupe d’amateurs composée des amis de la victime et qui diront que faire du théâtre est une manière de venger leur frère. 

Marseille est aussi la ville où s’est implanté le collectif Manifeste Rien dont Vanessa Pedrotti, notre seconde invitée est la médiatrice socioculturelle. Manifeste Rien propose un travail qui emprunte à la fois au spectacle et aux sciences sociales et où le sensible sert à mettre en partage les travaux de chercheurs tels que Benjamin Stora, Gérard Noiriel, Tassadit Yacine ou encore Pierre Bourdieu. Le collectif propose un théâtre épique et d’actualité qui puise dans les cultures populaires d’hier et d’aujourd’hui. La représentation théâtrale n’est d’ailleurs envisagée dans ce contexte que comme un des éléments d’un dispositif plus global comprenant des ateliers, des initiatives de médiation culturelle, ou encore des débats visant à créer des espaces publics oppositionnels. C’est évidemment de tout cela dont Vanessa va nous entretenir aujourd’hui en jouant de sa double casquette de médiatrice, mais aussi d’historienne.

Faire du théâtre dans les cités

Samir Hadj Belgacem – sociologue à l’Université Jean Monnet, chercheur au Centre Max Weber 

ARTICLE in Agora / ARTICLE in Plein droit

Sociologie et théâtre d’éducation populaire

Vanessa Pedrotti – Collectif Manifeste Rien


24 février 2022

Salle B-106 – 15h-18h

Nous sommes réunis pour la dernière séance du séminaire Émancipation, éducation populaire et théâtres politiques et nous accueillons aujourd’hui Jean-Jacques Hocquard et Thierry Beucher.

Jean-Jacques Hocquard a l’honneur de disposer d’un fiche biographique dans Le Maitron, le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social où l’on apprend notamment qu’il fut nommé au début des années 1960, au sein de l’UNEF vice-président jeunesse adjoint chargé de la culture, puis vice-président culturel. En 1962, Jean-Jacques Hocquard va relancer la Fédération nationale du théâtre universitaire et en 1965, il crée la revue Calliope en compagnie notamment de Serge July. En 1967 il organise pour le collectif intersyndical d’action pour la paix au Viêt-Nam une tournée militante de la pièce d’Armand Gatti V comme Viêt-Nam

Ce sera là le début d’un long compagnonnage et à partir de la fin des années 1970 Jean-Jacques Hocquardva co-administrer le collectif dont s’est entouré Armand Gatti et quelques années plus tard, ce lieu unique à Montreuil qu’était La Maison de l’arbrepuis La Parole errante, base-arrière du collectif de Gatti, mais aussi lieu d’expression et d’organisation de nombreuses initiatives critiques locales, nationales voire internationales. 

Jean-Jacques Hocquard est aussi l’auteur avec Pauline Tanon de l’ouvrage Armand Gatti dans le maquis des mots publié aux éditions Actes Sud en 2014, ouvrage qui a reçu le prix de la critique au titre de meilleur livre sur le théâtre. Il a également créé les Cahiers Armand Gatti et administre aujourd’hui le Fonds de dotation Armand Gatti. Le compagnonnage de Jean-Jacques Hocquard avec Gatti créateur libertaire a tout d’un engagement existentiel et politique et Jean-Jacques a eu la gentillesse de bien vouloir nous entretenir de ce chemin en partage… comme battements d’ailes… pourrait-on peut-être dire.

Nous allons également avoir le plaisir d’écouter Thierry Beucher. Thierry Beucher est diplômé du Conservatoire National de Région de Rennes, il a participé comme comédien à plus d’une vingtaine de spectacles avec différentes compagnies. Il se consacre aujourd’hui pour l’essentiel à la mise en scène et à l’écriture d’œuvres théâtrales dont plusieurs ont été publiées. Citons-en quelques-unes : Marie ou la vie d’une piqueuse, Chien crevé sous la lune, De profondis, Montorin, Si l’amour n’était pasMère et fille. Thierry est par ailleurs fondateur et directeur artistique du Théâtre de l’intranquillité.

Il va aujourd’hui nous entretenir d’une activité un peu particulière dans sa trajectoire d’artiste critique, puisqu’il va nous présenter ses expériences d’atelier-théâtre avec des adolescents du Mouvement des sans-terre. Le MST est un mouvement de paysans brésiliens créé en 1985 luttant pour l’obtention de parcelles à cultiver et la réforme agraire ; un combat qui au Brésil est issu d’une longue tradition qui remonte au passé colonial de ce pays et aux quilombos, ces zones d’installation des esclaves en fuite. 

Armand Gatti et La Parole errante : un théâtre populaire

Jean-Jacques Hocquard – Fonds de dotation Armand Gatti

Faire théâtre avec des adolescents du Mouvement des sans-terre

Thierry Beucher – dramaturge, metteur en scène / Théâtre de l’intranquillité



Affiche